La tricothérapie

Le tricot est passé par plusieurs phases au cours de son histoire. D’une utilité primordiale autrefois, à hobby aujourd’hui, cette activité apaisante revient en force dans les foyers. Elle s’adresse à tous les âges et devient même branchée. Certains comparent le tricot au yoga ou à la méditation, avec la satisfaction en prime de fabriquer de ses mains des vêtements et accessoires. Bienvenue au royaume de la tricothérapie !

 

Les origines du tricot

Les origines du tricot sont incertaines et les sources ne racontent pas toutes la même histoire. Nous savons que l’homme a très tôt utilisé le fil et la laine pour fabriquer ses vêtements, même s’il est difficile de dater précisément l’apparition de la technique du tricot proprement dite.

Il semble que les termes « tricot » et « tricotage » soient apparus en France vers le XVIe siècle. Ils seraient dérivés de la « petite trique », l’aiguille alors fabriquée en bois. Toutefois, la technique est bien plus ancienne, puisque des aiguilles en bronze et en bois furent exhumées de tombes égyptiennes datant du IIIe ou IVe siècle. De nombreuses preuves attestent ensuite d’une implantation dans toute l’Europe dès le Moyen Âge. En 1589, William Lee, un vicaire anglais de Calverton dans le Nottinghamshire, inventa la machine à tricoter qui ne fabriquait alors que des chaussettes et des bas.

Le tricot est avant tout une activité indispensable pour fabriquer des vêtements et des accessoires, comme les couvertures, pour que l’homme puisse se maintenir au chaud, à l’intérieur comme à l’extérieur. Cependant, le tricot reste associé au loisir depuis très longtemps.

Savez-vous par exemple que la reine Marie-Antoinette était une adepte du tricot ? Il se raconte que son illustre contemporain, le roi Frédéric II de Prusse, l’un des principaux représentants du courant du despotisme éclairé, s’adonnait aussi à cette activité. Il est évident qu’il ne s’agissait pas pour eux d’une activité vitale, mais qu’ils attribuaient au tricot une dimension supérieure.

Le retour en force du tricot au XXIe siècle

Depuis les années 50 et l’après-guerre, le tricot est devenu moins essentiel dans les foyers. Il fut à la fois victime du manque de temps, car les femmes furent de plus en plus nombreuses à travailler, et de la mondialisation qui permit d’importer des tricots industriels venant du monde entier, à des prix défiant toute concurrence.

Au début des années 2000, seuls les passionnés pratiquaient encore le tricot, ainsi que les personnes qui avaient souvent hérité du savoir-faire de leur mère ou leur grand-mère et qui souhaitaient perpétuer la tradition. D’ailleurs, les boutiques de pelotes de laine, encore nombreuses dans les années 1980, avaient presque complètement disparu et il devenait difficile de s’approvisionner.

Mais le tricot n’avait pas dit son dernier mot et il put compter sur l’esprit de contradiction de l’être humain !

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Le retour aux sources

Aujourd’hui que nous sommes submergés par les nouvelles technologies et que même les brosses à dents sont connectées, nombreuses sont les personnes à ressentir le besoin d’un retour aux sources, avec des activités manuelles.

Les jeunes adultes n’ont pour beaucoup pas connu les activités pour enfants qui faisaient fureur dans les années 70 et 80 : métiers à tisser les perles, métiers à laine, kit pour fabriquer des statuettes de plâtre, tapisseries, etc. Pourtant, le besoin est bien là. Il s’agit de fabriquer de ses propres mains et d’avoir la satisfaction d’un accomplissement, ce qu’aucun écran ne peut combler.

D’ailleurs, c’est le fait maison en général qui a retrouvé ses lettres de noblesse.

Vive le fait maison !

Le Do It Yourself est à la mode et envahit les tutoriels d’Internet, mais employons plutôt la langue française plus explicite : c’est le grand retour du fait maison. La tendance connaissait déjà une popularité croissante quand les confinements dus à la pandémie l’ont propulsée en tête des activités domestiques.

Les Français reclus par obligation ont retrouvé des occupations qui étaient celles de leurs parents ou grands-parents : le tricot, mais aussi la cuisine, le bricolage, la couture, la peinture, etc. L’expérience fut concluante pour beaucoup, car rien ne remplace la satisfaction de pouvoir affirmer « c’est moi qui l’ai fait ! ».

Le tricot occupe naturellement une place à part. D’abord, il est accessible à tous. Il vous suffit d’une paire d’aiguilles et de laine que vous trouvez aujourd’hui dans de très nombreuses boutiques en ligne. Vous pouvez être gaucher ou droitier, qu’importe, ce qui compte est que vous puissiez vous dégager un peu de temps.

Ensuite, vos créations vous habillent et vous accompagnent partout. Vous portez « votre » pull, écharpe ou bonnet, vous vous glissez sous « votre » plaid, etc.

Par ailleurs, le tricot est une activité qui s’adapte à vous. Vous pouvez préférer rester seul, mais aussi vous réunir avec des amis et fonder un groupe.

Le contentement de soi relève d’un sentiment un peu primitif de l’humain qui retrouve la capacité de se suffire à lui-même. Les débuts sont souvent un peu laborieux, car il faut de la patience pour suivre un tutoriel et se familiariser avec de nouveaux gestes. Mais, au fur et à mesure que vous gagnez en dextérité, vous éprouvez la fierté de vous lancer dans des compositions toujours plus sophistiquées.

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La bulle de la tricothérapie

Tricoter vous permet de vous déconnecter dans tous les sens du terme. Vos mains sont occupées et vous n’êtes plus tenté par la consultation de votre smartphone, car la concentration vous gagne. Le tricot se mue en éloge de la simplicité et de l’artisanat. Le temps que vous lui accordez devient privilégié, il n’appartient qu’à vous et vous éprouvez la satisfaction de voir votre ouvrage progresser.

Les effets du tricot influencent progressivement votre posture physique. Vous vous calez confortablement dans un fauteuil, vos épaules se relâchent, votre nuque s’assouplit… Il n’existe aucun enjeu, aucune course, vous tricotez à votre rythme.

Les amateurs de yoga comparent souvent leur séance au tricot qui permet de prendre le même recul, tout en délassant votre corps.

Du yoga à la méditation

Lorsque vous progressez, vous pouvez mieux vous concentrer sur votre tâche, mais aussi laisser vagabonder votre esprit. Vous reprenez le contrôle de vous-même et de votre pensée. La consultation des écrans est souvent pernicieuse, car elle vous rend passif ; vous vous contentez de faire défiler l’écran, tout en demeurant captif. Le tricot est un moyen de retrouver votre liberté.

Le geste technique du tricot s’automatise avec l’expérience. Cependant, en corsant les compositions, vous devez compter les mailles et les rangs. Un peu comme un mantra de méditation, vous focalisez votre esprit qui contrôle vos gestes. Et, comme dans un exercice de méditation, vous vous acheminez vers un état harmonieux qui vous apaise.

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L’effet anxiolytique sans les effets secondaires

On reproche aux Français de trop consommer d’anxiolytiques dont les effets secondaires sont délétères. Proposons-leur le tricot en alternative aux pilules !

Le tricot est typiquement une activité antistress. Vous choisissez le cadre de vos rêves, à la maison, au bord d’une rivière ou dans un parc, et vous êtes maître du fond sonore, musical ou naturel. Le bien-être engendré par l’activité elle-même, associé à la satisfaction de devenir un créateur, agit comme un puissant antistress. Vous pouvez libérer votre anxiété et sentir les douleurs chroniques se défaire de votre corps. Si vous souffrez de symptômes physiques comme l’hypertension ou l’insomnie, envisager le tricot comme une thérapie s’avère beaucoup plus productif que d’avoir recours à la médication.

Dites adieu au cortisol, l’hormone du stress, et accueillez avec félicité la venue de la sérotonine et de la dopamine, les hormones du bien-être !

 

 

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